La police chinoise a confirmé qu'elle avait
tué par balles trois personness et en avait blessé huit
autres au cours d'une manifestation menée par des villageois
contre des expropriations sans dédommagement effectuées
dans le village de Dongzhoukeng pour mettre en place des éoliennes.
Certains habitants et des organisations de défense des droits
de l'homme ont évalué quant à elles entre deux
et 20 le nombre de tués. C'est, selon Amnesty International,
la première fois que la police chinoise a ouvert le feu sur
des manifestants depuis la répression du "Printemps de
Pékin" en juin 1989.
Ce week-end, les autorités locales ont annoncé l'arrestation
du responsable sur place des forces de l'ordre. Ce dernier, qui avait
donné l'ordre d'ouvrir le feu mardi sur des paysans, a été
arrêté sur ordre du parquet de la ville de Shanwei, ont
rapporté dimanche les quotidiens locaux.
"UNE GESTION IMPROPRE"
"Dans cette situation particulièrement urgente, le commandant
sur place a eu une gestion impropre, provoquant des morts et des blessures
accidentelles, le parquet de la ville de Shanwei a déjà
selon la loi décidé d'une arrestation dans un cadre
pénal", indique un article donnant la version officielle
des incidents.
Ce texte, qui a été publié par les principaux
journaux de la province du Guangdong, ne ménage pas cependant
pas les manifestants. Il affirme en particulier que les forces paramilitaires
ont été amenées à répliquer mardi
soir à une manifestation, qualifiée d'"incident
grave et illégal"
Interrogé par l'AFP, un responsable de la communication, Liu
Jingmao, vice-directeur du département de la communication
de Shanwei, a refusé dimanche de donner plus détails,
notamment le nom de ce commandant.
Jusqu'à présent, les médias chinois, entièrement
contrôlés par l'Etat, n'avaient pas fait mention de la
manifestation. Selon le Guangzhou Daily de dimanche, les autorités
de la province du Guangdong "attachent une grande importance"
à ces événements et une commission spéciale
a été créée pour faire toute la lumière
sur cette affaire.