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La société n'assure plus que la maintenance de la
cinquantaine de machines qu'elle a construite
L'éolien à Jeumont SA, c'est fini. Une expérience
sans lendemain. Si les premiers prototypes remontent à 1999,
la fabrication avait réellement débuté en 2001,
la commercialisation a cessé début 2005. Jamais l'activité
n'est réellement parvenue à décoller. Illustration
de ces déboires : la société sambrienne a récemment
intenté un procès contre un groupe d'investisseurs
canadiens à qui elle réclame 1,9 MEuro(s) E. Soit
le montant d'un prêt qu'elle leur avait consenti pour l'aménagement
d'un parc éolien en Gaspésie (Québec).
Hervé Himmer, directeur de l'activité *éolienne*
à Jeumont SA, pointe le manque de fiabilité de ce
groupement d'affaires aujourd'hui en grave difficulté et
qui cherche à revendre le parc. Mais il y voit aussi les
effets pervers de l'éolien : « /Ce sont les investisseurs
qui en profitent mais les fabricants en supportent les coûts/
».
Manque d'appui
Sur un marché très concurrentiel, Jeumont SA n'avait
jamais trouvé sa place : seuls cinq parcs éoliens
ont été aménagés par ses soins, dont
le plus proche à Widehem (Pas-de-Calais). Une cinquantaine
de J 48 (le modèle maison, fournissant 750 kw/h) a été
construite. Autre problème pointé par le responsable
: le manque de soutien public. « /Les concurrents espagnols
ou allemands ont eu des aides massives de leurs gouvernements/ »,
remarque H. Himmer. D'autant que les fabricants étrangers
ont débuté l'aventure bien avant la société
sambrienne.
Cet appui, Areva, le mastodonte de l'énergie et maison mère
de Jeumont SA, ne l'a pas non plus accordé, visiblement pas
convaincue par les perspectives de développement de l'activité.
« /Année après année, il a fallu mettre
en place des correctifs/ ». Jeumont SA était notamment
en quête d'un partenariat avec une société plus
expérimentée pour bénéficier d'un retour
de savoir-faire. Des pourparlers ont été ouverts avec
le japonais Mitsubishi.
Sans aboutir.
Sur le plan de l'emploi, la bonne santé des autres divisions
de Jeumont SA (nucléaire et électromécanique)
a heureusement permis de repositionner des salariés (ils
étaient soixante, il en reste une vingtaine). Sur le plan
financier, la disparition de l'éolien entraîne une
perte notable (elle a représenté jusqu'à 10
% du chiffre d'affaires total). « Les soucis financiers ont
été contrebalancés par des activités
qui fonctionnent bien », résume H. Himmer.
La fin de l'éolien est paradoxale alors que la France a voté
en mai une loi fixant à 21 % en 2010 la proportion d'électricité
fournie par les énergies renouvelables. « Les stratégies
évoluent. Areva est un groupe public. » Et qui sait
si un futur gouvernement voudra en faire une priorité et
relancer la filière. « Les compétences sont
là », note H. Himmer.
L'éolien n'a pas totalement disparu puisque Jeumont SA assure
auprès des clients la maintenance et le remplacement de composants
défectueux.
C. L. C.
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