Eolien : une erreur stratégique pour
la France
Par Jean-Louis Butré, Président de Fédération
Environnement Durable (Fédération Nationale)
La France est en passe d'être totalement couverte par des
milliers déoliennes qui sont des « aérogénérateurs
» destinés à produire de lélectricité.
La Fédération Environnement Durable qui regroupe
des dizaines de milliers de personnes et des centaines dassociations
dans toute la France plébiscite les technologies d'économie
d'énergie et les énergies renouvelables efficaces
pour le développement durable.
Concernant l'éolien industriel comme source dénergie
renouvelable pour la France, la Fédération Environnement
Durable affirme qu'il s'agit d'un mensonge organisé.
Les arguments de la Fédération Environnement Durable,
sont basés sur l'analyse que l'éolien industriel
en France ne répond pas aux critères du Développement
Durable car il s'agit :
- d'une imposture écologique : 15 000 éoliennes
prévues par le Grenelle de l'environnement augmenteront
nos gaz à effet de serre (la production d'électricité
éolienne étant incontrôlable, ce sont les
nouvelles centrales thermiques de construction qui compenseront
leur fonctionnement)
- d'un scandale financier national dépassant 40 milliards
d'euros pour produire des faibles quantités d'électricité.
C'est de l'argent public dilapidé pour le profit d'intérêts
privés.
Le récent rapport de lInstitut Montaigne confirme
les pires craintes de la Fédération Environnement
Durable (voir ci-après)
Cest une facture pour les ménages français
d' 1 milliard d'euros par an actuellement et de 2, 5 milliards
par an si le programme des 15 000 éoliennes du Grenelle
est voté, soit l'envol de nos factures d'électricité
(+ 100 euros par ménage et par an)
Avec la même somme d'argent il serait par exemple possible
d'embaucher immédiatement 80 000 chercheurs en doublant
le budget du CNRS qui est de 2,4 milliards d'euros par an et d'orienter
les programmes sur les économies d'énergies, les
énergies renouvelables intelligentes et les matériaux
nouveaux qui seront la source de tous les progrès dans
ce domaine de l'énergie.
Concernant les énergies renouvelables, la Fédération
Environnement Durable encourage notamment la biomasse (les forêts
sont aussi les sources vitales de biodiversité et déquilibre
des systèmes hydrologiques), le solaire thermique, la géothermie...
Des énergies pas toujours matures et pas encore totalement
maîtrisées, mais qui sont porteuses davenir
et susceptibles dun développement et de progrès
majeurs.
Si nous suivons le programme du Grenelle nous allons, pour 40
milliards d'euros, importer 15 000 aérogénérateurs,
inutiles et prochainement obsolètes, qui ne créeront
que très peu d'emplois peu qualifiés.
Alors que nous sommes en surcapacité et que nous exportons
déjà 15% de notre électricité, ces
éoliennes dont le fonctionnement est totalement intermittent
car soumis aux aléas du vent ne produiraient même
pas 10% délectricité en plus à un prix
deux fois plus élevé.
- d'un système socialement inacceptable et des nuisances
majeures Celui-ci est opaque, propice à la corruption et
aux inégalités. Il engraisse des promoteurs milliardaires
en spoliant les particuliers pour le compte d'intérêts
privés douteux et il engendre des nuisances nombreuses.
Il est en plus une atteinte inadmissible aux paysages de la France.
Le coût de la consommation paysagère
na même pas été calculé au Grenelle
de lenvironnement.
Le programme éolien se développe dans un système
complexe au niveau politique, financier, social et géographique.
Dans ce système, certains profitent de ces développements,
dautres en sont victimes mais la nature
le paysage,
sy retrouve seule, sans voix !
Au premier contact, en regardant une éolienne à
une distance de 4 à 5 km, elle peut sembler majestueuse.
Elle tourne lentement et par temps calme dans un paysage banal,
beaucoup de personnes la trouvent belle voir paisible et rassurante.
Une intuition plus inquiétante apparaît en regardant
à la même distance une ferme éolienne qui
est classiquement composée de 10 aérogénérateurs,
mis en arc de cercle à 400 m les uns des autres sur une
ou deux lignes.
Le sentiment de malaise augmente en sapprochant de cet
ensemble. Dabord le gigantisme apparaît et puis surtout
le fait que tout disparaît autour. On ne voit plus que les
éoliennes. Elles ont dévoré le paysage et
elles ont cannibalisé lespace.
Bien sûr, notre esprit peut raisonnablement se faire à
lidée que cest un ensemble architectural moderne,
qui structure ce paysage et que lon ne doit pas être
cramponné à des visions passéistes.
Cette perception prend une autre dimension en réalisant
avec horreur que ces 10 aérogénérateurs ne
sont que le début des pièces dun immense puzzle
des 15 000 machines programmées.
Ce serait, si ce programme dément était accepté,
par exemple 1500 parcs de 10 machines, des régions entières
couvertes, 800 éoliennes dans le Cantal, 500 sur le Parc
régional du Roussillon, 1000 en Bretagne, le col du Bonhomme
dans les Vosges défiguré, le Sénepy un magnifique
alpage des Alpes poignardé, des champs à perte de
vue, des forêts de pylônes en ferraille ou en béton,
la France transformée en pelotes dépingles
qui clignotent la nuit, nos lignes HT et THT renforcées
pour relier ces ensembles
Quelle tristesse de voir la France une région si belle
en passe d'être complètement envahie et massacrée
pour des questions de taxes professionnelles dont la pérennité
est loin d'être assurée et pour des "rentes"
à des propriétaires de terrains qui devraient s'inquiéter
de la bulle financière éolienne et de la moralité
industrielle de certains des promoteurs en qui ils font confiance
aveuglément sur 20 ans.
Un dur réveil en perspective !
Messieurs les Parlementaires, messieurs les Maires, nécoutez
pas les sirènes des milliers de promoteurs qui écument
la France pour faire fortune, aidez nous à sauver notre
pays dun massacre inutile.
*Membre du Comité d'Orientation stratégique (COS)
présidé par Valery GiscarddEstaing et dont
M. Boiteux président d'honneur d'EDF fait partie
email : jlb@environnementdurable.net
http://www.environnementdurable.net
Eoliennes : Nouveau souffle ou vent de folie ?*
Après un démarrage tardif par rapport à
ses voisins européens, la France sest lancée
dans un développement massif de léolien, dans
le but datteindre près de 10% de la consommation
nationale délectricité à lhorizon
2020. Pour cela, la puissance publique a multiplié les
aides et les garanties à destination de ce secteur. Cette
étude montre quun développement de léolien
de cette ampleur ne répond pas à un besoin en France
et quil induirait des surcoûts pour les consommateurs
pouvant dépasser 2,5 milliards deuros par an à
lhorizon 2020. En revanche, un développement modéré
de cette source dénergie, qui sappuierait sur
des appels doffre plutôt que sur un tarif dachat
garanti, permettrait daccompagner dans une certaine mesure
laugmentation de la demande délectricité
tout en diminuant les émissions de CO2 et en mettant fin
aux profits particulièrement élevés quon
observe aujourdhui sans justification chez les promoteurs
éoliens.
Extraits :
Les éoliennes et le paysage. Lun des principaux reproches
qui est fait aux éoliennes est de dénaturer les
paysages. Les aérogénérateurs sont aujourdhui
des machines de plus de 100 mètres de haut et de 90 mètres
de diamètre, souvent situées sur des hauteurs et
qui ne peuvent donc pas passer inaperçues pour les riverains.
La réalisation des objectifs du Grenelle nécessiterait
linstallation de 10 000 éoliennes supplémentaires
soit 5 fois plus que leur nombre actuel.
Cette situation a conduit lAcadémie des Beaux Arts,
dans un rapport paru en 2007, à rendre un avis défavorable
sur le développement de la filière éolienne
et à demander que les nouveaux projets soient soumis à
une consultation démocratique locale27. Cette préoccupation
a été récemment relayée par lancien
président de la République, Valéry Giscard
dEstaing, qui demande un moratoire sur les éoliennes.
La puissance publique doit éviter un développement
anarchique de léolien sur lensemble de son
territoire, et cest en ce sens quont été
créées les zones de développement de léolien
(ZDE), accordées par les préfets sur propositions
des élus locaux. Cette démarche de rationalisation
des implantations na cependant de sens que si le gouvernement
nexerce pas par ailleurs une pression trop forte sur les
préfets pour que soient atteints coûte que coûte
des objectifs chiffrés de développement de léolien.
* Amicus Curiae - Juillet 2008 - Institut Montaigne - Vincent
Le Biez, ingénieur élève au Corps des Mines
- www.institutmontaigne.org