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Châteaulin : Éoliennes : bras de fer
entre le constructeur et lun des exploitants
Le bel investissement quavaient fait conjointement Jacques
Trellu et Émile Bihan, riche de promesses sonnantes et
trébuchantes mais aussi particulièrement satisfaisant
sur le plan intellectuel, est en train de tourner au vinaigre.
Les huit éoliennes érigées sur les crêtes
de Cast sont en train de pourrir la vie de quelques dizaines de
riverains et la leur aussi...
Il y a un peu plus dun an, les deux hommes investissaient
quelque 22 M€ dans ces huit moulins à vent géants.
Aujourdhui, ils nont pas encore signé la réception
du chantier, les machines nétant pas conformes aux
spécifications techniques du contrat de vente. En clair,
pour linstant, cest le constructeur qui supporte les
frais de travaux liés aux problèmes acoustiques.
Sauf que vendredi, le constructeur a décidé darrêter
trois éoliennes, engageant ainsi un bras de fer avec lexploitant.
Explications. Le constructeur et installateur des huit éoliennes
est la branche française du groupe international Nordex.
Mais ces huit machines sont, en fait, structurées en deux
parcs indépendants. Les quatre machines situées
sur la commune de Cast appartiennent à Jacques Trellu,
via sa société JMA Energies, dont le siège
est à Cast et les quatre autres (trois à Châteaulin,
une à Plomodiern) à Émile Bihan, via Eole-énergies,
basée à Plougastel-Daoulas. Ce sont trois de ces
éoliennes que Nordex vient de stopper.
100.000 € de crédit mensuel
« Nordex veut ainsi essayer de me contraindre à signer
un document dans lequel jaccepterai létat actuel
des éoliennes, alors que jai mandaté des experts
internationaux, en juillet dernier, qui ont conclu que les machines
nétaient pas conformes au contrat qui nous lie, sur
le point précis du niveau des émissions sonores
», explique Émile Bihan, pour lequel cet arrêt
constitue une perte sèche de production, alors quil
a sur le dos « plus de 300.000 € de crédit-bail
par trimestre ». « De plus, cette mise à larrêt
forcé des éoliennes naura pas permis aux riverains
de se rendre compte des effets positifs du bridage nocturne de
léolienne du parc la plus proche des habitations,
que jai ordonné dans lattente de la mise en
conformité par Nordex ». Dépité, Émile
Bihan ne veut pas en rester là « et compte mettre
tout en uvre pour faire valoir ses droits ». Il y
a quelques jours encore, cétaient les riverains qui
étaient à deux doigts de porter laffaire devant
la justice, avant que le préfet ne leur apporte -à
point nommé- son pouvoir daction. Entre deux sociétés
privées, il y a peu de chances que le représentant
de lÉtat mette son nez...
M.L.Q.
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