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L'aide publique massive aux activités écologiquement
correctes commence à produire des effets pervers?: elle attire
les opportunistes
et les escrocs.
La plus belle spéculation du moment?? Oubliez les attaques
contre la Grèce, c'est de nos campagnes que l'opération
est partie, quand de simples particuliers, souvent des exploitants
agricoles, se sont mis à parier sur la baisse programmée
du prix de l'électricité photovoltaïque. Pour
soutenir cette filière, EDF surpaie en effet l'énergie
issue des panneaux (58 centimes du kilowattheure en 2009 pour un
toit solaire raccordé au réseau).
Mais ce prix devant baisser en janvier 2010, des petits malins se
sont improvisés producteurs d'énergie afin de signer
un contrat à l'ancien prix
et valable vingt ans. Les
deux derniers mois de l'année, jusqu'à 3 000 dossiers
par jour ont été enregistrés, presque autant
qu'en un mois habituellement. Pour crever cette bulle, le gouvernement
a fini par annuler la plupart des demandes tardives.
C'est ce que les économistes nomment un "effet d'appel"?:
les dispositifs de soutien au green business bénéficient
aux écolos sincères, mais aussi aux opportunistes
et aux fraudeurs alléchés par le pactole. A l'échelle
mondiale, selon les Nations unies, le chiffre d'affaires total du
secteur (1?370 milliards de dollars en 2007) devrait doubler d'ici
2020, un rythme soutenu par l'immense effort des Etats, qui vont
parier quelque 340 milliards de dollars en dix ans sur la relance
"verte". Chez nous, la lutte contre le réchauffement
et la promotion des énergies propres ont ainsi créé
des activités juteuses et des marchés spéculatifs.
Rien de grave, quand les agriculteurs louent leurs terres aux exploitants
d'éoliennes avides de bons emplacements. Plus contestable
quand des installateurs de chauffages écolos font miroiter
aux consommateurs des crédits d'impôt qui n'existent
pas, quand des margoulins contournent les règles des labels
alimentaires bio ou quand des entreprises exploitent le marché
des "droits à polluer". Tour de France des combines,
petites et grandes
Eoliennes : Pour les implanter, les terrains se louent à
prix d'or
Le marché des terrains propices à l'installation des
éoliennes se tend. Sachant qu'EDF rachète cette électricité
82 centimes du kilowattheure, ce business rentable (un parc éolien
rapporte 6 à 7 euros pour 1?euro investi) suscite la convoitise,
comme le montre l'envol de la puissance installée (voir ci-contre).
Les bons emplacements se font déjà rares?: le vent
ne suffit pas, les exploitants privilégient les zones éloignées
des habitations et à l'écart des migrations d'oiseaux.
Tout bénéfice pour les agriculteurs ayant des terres
à louer. Il suffit de 0,2 hectare pour accueillir une éolienne
de 2,5 mégawattheures et empocher de 5 000 à 11?000
euros par an, un tarif en forte hausse ces dernières années.
Comme les exploitants préfèrent planter plusieurs
moulins d'un coup (leurs "fermes" en comptent en moyenne
quatre), la manne profite d'abord aux grands propriétaires,
notamment en Ile-de-France et en Champagne-Ardenne. Une foule d'intermédiaires
se chargent de négocier les terrains. Clément Wittmann,
dont c'est le métier chez Bourgogne Energie Environnement,
en Saône-et Loire, admet que l'écologie est le cadet
des soucis de ses clients?: "En six ans, j'ai rencontré
un agriculteur sincèrement motivé par la défense
de l'environnement.
Les autres font ça pour l'argent?: si on leur proposait de
forer des puits de pétrole dans leurs champs, ils diraient
oui aussi." Les paysans sont même démarchés
par des sociétés étrangères, notamment
allemandes, qui concurrencent la vingtaine de bureaux d'études
français spécialisés. Et donc font encore grimper
les prix.
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