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" Lettre ouverte à
Monsieur le Maire de Montalba-le-Château "
Monsieur le Maire,
J'ai tenté, en vain, comme beaucoup d'entre nous, d'obtenir
des rendez-vous d'information, avec vous, sur le dossier de ZDE
en cours. Refus.
Non pas seulement pour parler de vos projets répétés
d'aérogénérateurs. C'est un débat technique
et financier qui malheureusement risque de nous dépasser
tous, si nous n'y prenons pas garde. Mais pour parler de démocratie.
Et là, j'estime avoir des comptes à vous demander,
puisque vous estimez n'avoir de comptes à rendre à
personne.
Je le fais en tant qu'habitant de Montalba, concerné par
mes intérêts locaux et la qualité de mon cadre
de vie ; en tant qu'électeur ayant hélas voté
pour vous aux dernières élections; en tant que citoyen
aussi, inquiet des dérives municipales actuelles, concernant
l'avenir du territoire, et la teneur des prises de décision
à ce sujet; surtout, en tant que président d'une association,
" Chevaux & Chemins ", qui a, depuis sa création
en 2002, beaucoup travaillé, comme vous le savez, sur l'étude
et la mise en valeur notre fragile patrimoine territorial; et, en
particulier, sur la zone concernée par la ZDE, depuis que
l'incendie de 2005 avait fort opportunément débroussaillé
ces grands espaces, mettant à jour des vestiges archéologiques
d'un intérêt certain pour notre histoire rurale (voir,
entre autres, le colloque organisé par l'Université
de Perpignan : " Archéologie de la montagne brûlée
", auquel vous assistiez).
Voici donc ce que je vous aurais dit, si vous m'aviez reçu.
Les règles du jeu, en théorie
Nul n'étant censé ignorer la loi, et ayant récemment
cessé de vous faire confiance, nous nous sommes donc renseignés
attentivement, auprès des administrations compétentes,
sur cet inquiétant projet, monté dans la plus grande
opacité. Nous avons, par ailleurs, pris l'avis de consultants
indépendants et attentifs à nos interrogations.
La position du Ministère de l'Ecologie, consulté
récemment sur les Zones de Développement Eolien (ZDE)
est très claire: " Sur le principe nous sommes favorables
à l'implantation de parcs de grandes tailles, ce qui permet
d'éviter le mitage, mais à la condition que la zone
soit judicieusement choisie d'un point de vue paysager et patrimonial,
et en prenant soin à mener une concertation* approfondie
avec l'ensemble des parties prenantes ".
*Concertation : Politique de consultation des intéressés
avant toute décision (définition du dictionnaire).
La position des experts en charge du projet, l'agence " Energies
et Territoires Développement ", est limpide elle aussi,
du moins sur leur site internet (http://www.etd-energies.fr/) :
" La base de notre démarche réside dans l'intégration
à la phase d'étude d'une démarche de communication
et d'échange, adaptée à l'échelle du
territoire étudié. La stratégie de communication
est définie en étroite concertation avec le Maître
d'Ouvrage ".
Convaincante publicité, et d'honnête facture. Jusqu'ici,
tout allait bien
En 2002, quand vous avez été sollicité, déjà,
pour un programme éolien, vous m'aviez assuré : "
Dans ce domaine, je ne ferai rien sans l'accord de la population
". Et nous avons commis l'erreur de vous croire.
Depuis, vous nous avez beaucoup
désinformés.
La réalité sur le terrain
" Que l'on ment, que l'on ment ! " (Le Corbusier)
Les directives ministérielles ayant été très
volontairement oubliées, la " stratégie de communication
" des politiques et des experts, " en étroite concertation
" ( !), entre eux donc, a été ici le silence
complet et, disons-le en termes épistolaires courtois, des
positions
assez peu convenables :
o non-information scrupuleuse des populations concernées,
ni des gens travaillant professionnellement sur ce territoire, ni
des associations de terrain actives depuis longtemps sur le patrimoine
et le paysage ;
o non-concertation absolue, par voie de conséquence, avec
quiconque ;
o plus grave encore, " désinformation ", comme
s'il s'agissait de s'acquitter de formalités administratives
sans conséquences ou même réclamées par
telle autorité départementale ou régionale
;
o décisions en conseil municipal prises en totale méconnaissance
de cause, sans idée des scénarios possibles engageant
l'avenir ;
o refus de répondre à des demandes de renseignements
plus que légitimes et inquiètes ;
o enfin, hostilité à tout dialogue (" prématuré
", m'avez-vous fait dire, alors que le dossier était
déjà bouclé !).
C'est beaucoup. C'est trop.
Ce sont des postures d'un autre temps et une conception de la vie
publique que nous pensions révolues, sous nos climats.
De la même façon qu'un lotissement est fait pour accueillir
des maisons, une ZDE est conçue aujourd'hui pour qu'on y
installe, à court terme, d'énormes parcs éoliens.
Contrairement à ce que, avec culot, vous avancez, pour rassurer
vos interpellateurs, à juste titre alarmés ...
Vous êtes, de longue date, en commissions, un candidat militant
à l'installation d'aérogénérateurs industriels
sur notre territoire (nous sommes du reste, pour cela, la risée
de la Communauté de Communes), tout en vous abritant derrière
de prétendues décisions d'instances extérieures
! " Rien ne se fera sans l'accord des maires " nous dit,
pourtant, de façon explicite, M. Robert Olive
L'exercice était intenable : Comment participer au montage
d'un dossier de ZDE, ici à l'insu de tous, tout en assurant
la Communauté de Communes de la ferveur éolienne montalbanaise
! Vous vous êtes égaré dans un double discours
(ou plutôt un silence et un discours) sans avoir eu, au plan
local, l'honnêteté d'assumer vos choix personnels éoliens,
de les exposer, de les argumenter et de les défendre.
C'est pourtant ce que nous attendions de vous.
En politique, une telle attitude n'a que trois explications : soit
la position est indéfendable; soit on cherche à dissimuler
ses objectifs; soit on estime n'avoir aucun compte à rendre
à qui que ce soit. Ou les trois à la fois
Dans
tous les cas, la démocratie locale est gravement malmenée.
Un projet de ZDE " hors-la-loi "
Ce projet qui arrive ces jours-ci en Préfecture présente
la particularité étonnante d'être intégralement
non-conforme aux préconisations ministérielles.
C'est un cas d'école : " Comment faire faux ? ".
Peut-on faire plus faux ?..
Aux trois recommandations avancées, cet exercice répond
par leur exact contraire :
1/ Il propose un " pré-mitage " (nous revendiquons
le terme
) du territoire, qui prend notre village en tenaille
entre deux futurs parcs éoliens, l'un vers le Canigou, l'autre
vers la Méditerranée !
2/ Il propose de détruire localement une zone d'une qualité
en tous points exceptionnelle, par méconnaissance totale
du terrain :
o le dernier fragment de maquis méditerranéen encore
intact en France, avec toute sa mémoire historique sédimentée
depuis 6000 ans et les vestiges bien conservés de nos architectures
et pratiques rurales (ce que nous appelons, après J.M. Durrou,
les " traces de l'homme ", dans notre inventaire) ;
o un biotope reconnu comme fragile et rare, dont on a entrepris,
depuis des années, la préservation ;
o enfin, un environnement paysager somptueux, qui est le patrimoine
de tous, en balcon ouvert sur le Canigou et la côte méditerranéenne,
on l'a dit ; et en vue, au loin, sur Serrabone, le Fort Libéria
(récemment classé au Patrimoine Mondial par l'UNESCO,
comme nous le savons tous), et bien sûr l'emblématique
château de Quéribus
Une proximité de
symboles, local, régional et mondial.
Nous ne sommes pas ici sur une friche à industrialiser. Il
y a, certes, encore, une méconnaissance de l'exceptionnelle
richesse patrimoniale de ce site, mais aussi une volonté
politique têtue d'en ignorer volontairement l'importance et
la valeur.
3/ Au lieu de la concertation requise avec insistance par le Ministère,
aucun contact n'a été pris avec les gens qui vivent,
travaillent, évoluent, agissent sur ce territoire, en cours
de revitalisation rurale et touristique exemplaire, et pensent un
peu le connaître, avec quelque raison.
Prenant toujours l'avis d'experts indépendants (il en existe
heureusement encore beaucoup), il nous a été suggéré
deux hypothèses :
1/ Ce projet a été bâclé par des imbéciles,
nous dit-on, moqueurs ;
2/ Ou bien il est porté par des politiques arrogants estimant
n'avoir de comptes à rendre à personne, et assurés
de pouvoir faire valider leurs objectifs, à bas bruit. La
stratégie du fait accompli.
On remarquera avec désenchantement que, dans ce pays, quand
un montage est particulièrement obscur, suspect et équivoque,
on dit toujours, en première intention, " c'est un projet
politique "
Par manque d'informations, nous n'avons pas d'autres hypothèses
à avancer. Il ne tient qu'à vous, Monsieur le Maire,
de nous donner enfin sérieusement votre version (vous auriez
dû commencer par là) :
1/ sur les avantages et les inconvénients réels, pour
notre commune, d'un projet de ZDE, automatiquement suivi de l'implantation
de plusieurs parcs d'aérogénérateurs industriels
;
2/ sur la répartition d'un " gâteau éolien
" dont personne à ce jour n'est capable (ou n'a envie)
de parler avec sérieux, chiffres en main ;
3/ sur le non-respect total des protocoles prévus par le
Ministère, dans l'élaboration du projet ;
4/ et sur l'usage que ferait la commune des miettes financières
recueillies. Au simple plan économique, compenseraient-elles
seulement la brutale dévaluation immobilière des villages
et la destruction mécanique des activités liées
à la qualité de notre patrimoine rural, qui viennent
dynamiquement de s'y créer, et s'y développent depuis
quelques années ?
Le principal outil de travail de nos politiques locaux a été
ici la langue bois, alors que, pour nous, ces enjeux sont vitaux.
Déception.
Un dérapage municipal
Pour l'instant, vous vous êtes réfugié dans
un mutisme inaccessible (pour gagner du temps ?). Ce n'est pas une
position digne d'un élu.
A des demandes d'information publiques et légitimes, vous
avez répondu par un tract municipal insultant (" populisme
nauséabond ", comme vous écrivez, ne me semble
pas une analyse politique pertinente. Cela renvoie à des
temps obscurs, et de sinistre mémoire). Vous avez perdu,
Monsieur, votre sang-froid.
C'est un projet aveugle que vous avez fait voter en conseil municipal.
N'étant bien entendu (et n'ayant jamais été)
candidat à rien, je vous parle très librement : Vous
avez été élu sans programme, sans étiquette
politique affichée (à la bonne franquette, comme souvent
dans nos villages). Pour donc une mission de gestionnaire, dont
vous vous étiez bien acquitté jusqu'ici. Mais, en
aucun cas, ni vous ni le conseil municipal n'avez été
mandatés pour prendre des décisions aussi capitales,
qui engagent loin l'avenir de notre commune. Encore moins, à
notre insu. Il y a là un abus manifeste dans l'usage de votre
mandat. Et ici, le conseil municipal, trop désinvolte ou
trop mal informé, n'a pas joué son rôle de garde-fou,
dans un cadre désormais autoritariste. Les ZDE et les parcs
éoliens ne figuraient pas sur le
programme électoral.
Pas d'information donnée, pas de concertation, pas de respect
des autres. Donc, pas de démocratie quotidienne possible
pour nous
Sur ces trois points, vous avez, Monsieur le Maire,
été défaillant.
L'argent est un labyrinthe
(Reporters, série télévisée, 6e épisode)
De ce point, pour l'instant, nous ne traiterons pas. Nous n'avons
pas compétence. Des économistes s'en chargent. Nous
savons seulement, comme dit la sagesse populaire, que l'argent fait
perdre la tête ; et que les gros parcs d'aérogénérateurs
industriels contribuent puissamment à " fluidifier les
relations sociales ", selon l'inventive expression de l'inénarrable
sponsor politique et syndical, l'ex-président de l'UIMM.
Notre réponse aujourd'hui
Vous avez suscité, Monsieur, une réaction à
hauteur de ce que vous avez tenté de nous dissimuler. Vous
aviez validé, en début d'année, sans état
d'âme, un dangereux projet portant sur le 1/3 du territoire
communal !... D'abord incrédules, les gens, alertés,
ont réagi amplement, avec le bon sens, la pondération
(il en fallait !) et l'énergie que l'on sait. Nous avons
nous-mêmes été surpris par la qualité
et la compétence de cette mobilisation, désormais
générale
A l'exception, à notre connaissance,
de Bélesta (et c'est respectable !), s'obstinant encore sur
un gros projet local qui lui a été régulièrement
refusé, pour atteinte paysagère irrecevable.
Nous avons déposé, selon la jolie formule juridique,
un " recours gracieux " auprès de la Mairie de
Montalba, conjointement avec l'association Canigonenc, en demandant
que soit reconsidéré le vote municipal, les éléments
nécessaires à une prise de décision responsable
n'étant pas réunis, à notre avis, et les conditions
du vote, peut-être, incertaines.
N'étant pas procéduriers, c'est pour nous, d'abord
et surtout, un signal, une manière d'attirer l'attention
sur des pratiques qui nous paraissent contestables, et de prendre
date.
C'est aussi une façon de dire qu'il y a toujours une porte
de sortie honorable, en démocratie, aux situations les plus
scabreuses. Nous ne sommes pas dans la polémique. Nous avons
simplement la réaction de gens qui ont été
floués, et qui souhaitent que l'on revienne au plus vite
sur un chemin plus démocratique, quand leur avenir est aussi
lourdement engagé, et leur horizon, à la lettre, bouché.
C'est enfin une volonté de dire que désormais nous
serons là, et même un peu là, pour défendre
nos intérêts locaux, notre conception républicaine
de l'intérêt général et pour mettre en
avant une option rurale, patrimoniale et touristique vivante, pour
le Plateau de Montalba.
Nous avons choisi de venir vivre ici, de très longue date,
nous y travaillons, nous mettons en valeur le patrimoine de ce terroir
où vos experts ont feint de n'y voir qu'un lieu désert
à industrialiser. Il suffisait pourtant d'ouvrir les yeux
Homme de terrain, de ce terrain, je les soupçonne de n'avoir
jamais (dé)raisonné que sur cartes. Monsieur le Maire,
quittez enfin votre bureau ! Je vous propose une visite attentive
et une découverte minutieuse de ces sites que vous avez voulu
brader, pour tenter de vous persuader de changer d'avis.
" Savoir regarder, apprendre à voir " est une des
activités de découverte paysagère, proposées
à tous par l'association Chevaux & Chemins.
La parole est d'argent. Le silence est-il d'or ?
A M. Robert Olive, nous dirons que nous n'acceptons plus cette conception
arrogante de la politique qui se mêle de décider de
l'avenir d'un territoire et d'un village sans la moindre concertation
de la population. Et qui estime que le seul interlocuteur valable
serait le maire. C'est une pensée bureaucratique d'un autre
âge et c'est surtout une impasse assurée.
La Communauté de Communes a eu le tort de croire (mais d'où,
diable, lui venait l'information ?) que la population du Plateau
de Montalba était unanimement prête à accueillir
avec enthousiasme des nappes d'aérogénérateurs
géants dans ses paysages !
Elle n'était même pas au courant, sans jeu de mot,
du projet !
L'enquête d'utilité publique concernant la précédente
tentative d'implantation éolienne s'était pourtant
déjà soldée par un avis défavorable,
rendu par le commissaire-enquêteur. Cela aurait dû alerter
les observateurs, sur la sensibilité de l'opinion locale
Si la Communauté " Roussillon-Conflent " avait
simplement écouté les gens du Fenouillèdes,
elle aurait vite compris qu'une apparente unanimité de façade
du conseil municipal, sur papier, ne vaut pas, et de très
loin, accord des habitants. " La carte n'est pas le territoire
", répétons-nous souvent. Pourquoi l'oublie-t-on
toujours ?
Le mot du Président de la Communauté de Communes Roussillon-Conflent,
Monsieur Robert Olive, à la réunion publique, en octobre
dernier, à Ille-sur-Têt (L'Indépendant, du samedi
25 octobre 2008, article de Isabelle Goupil) : " Toute possibilité
d'une ressource financière nouvelle mérite qu'on s'y
attarde. Mais on ne se vendra pas pour n'importe quoi. "
Sur ce point, Monsieur, nous n'avions aucun doute. Mais une reformulation
de cette phrase malheureuse serait la bienvenue.
Vive l'information
Il ne tient qu'à vous, Monsieur le Maire, d'engager enfin
un débat ouvert, sans polémiques, en consultant, je
le redis, des experts indépendants et, mieux encore, compétents
(sur des tas de choses : le bon usage de l'énergie, l'éolien
terrestre, la technologie des gigantesques aérogénérateurs
et leurs nuisances, l'économie de ces gros chantiers, la
préservation du territoire, la ruralité active qui
se met en place etc.). Ces données sont disponibles partout,
assez facilement accessibles, qui font la richesse des échanges
et permettent, dûment informés, de prendre des décisions
lucides et responsables. C'est ce que je suis en droit d'espérer
de mes élus.
En attendant, nous vous proposons de vous donner la parole. Vous
allez pouvoir, si vous le souhaitez, expliquer votre position auprès
des journalistes du Travailleur Catalan, de l'Indépendant,
du Monde et du Canard Enchaîné, et de quelques autres.
Apprentissage de la démocratie.
Nota Bene 1
Bien entendu, c'est notoire, je suis convaincu que l'énergie
éolienne a toute sa place d'alibi écologique ou d'appoint
économique, dans le pays qui dispose du meilleur parc électronucléaire
du monde, à usage interne et à l'exportation. Mais
dans des sites pertinents, bien répertoriés (off-shore,
espaces dégradés, paysages esthétiquement post-industriels,
comme on dit) et sans une population d'otages politiques sacrifiés
à on ne sait quel insaisissable intérêt supérieur.
Mon opinion, toute personnelle, est que votre attitude et ce projet
actuel, Monsieur le Maire, portent gravement préjudice à
la politique pertinente des ZDE, convenablement encadrées,
et aux Communautés de Communes qui, légitimement et
en toute transparence, souhaitent établir sur leurs territoires
des parcs éoliens, en connaissance de cause, après
en avoir pesé les avantages réels et les énormes
inconvénients irréversibles, et en avoir équitablement
informé la population concernée. Avec l'aide d'experts
de bon conseil.
Cette lettre s'adresse à vous et non pas à la Communauté
de Communes car il n'y a pas de projet de ZDE possible, comme on
sait, sans commune d'accueil ou sans village quémandeur.
Nota Bene 2
" Chevaux & Chemins " vient d'adhérer à
l'association Canigonenc qui a pour vocation de préserver
et de défendre, dans l'intérêt bien compris
de tous, nos sites exceptionnels, et la qualité de vie qui
s'y déploie, contre les menaces qui les mettent, aujourd'hui,
clandestinement, en péril.
Canigonenc
La Bergerie des Loups
66130 - Trevillach
En espérant que nous pourrons, un jour prochain, Monsieur
le Maire, enfin parler sereinement et en confiance, entre autres
sujets, d'éoliennes et de territoires
Il ne tient qu'à vous.
Cordialement.
Le 5 juin 2009
Journée mondiale de l'environnement
Antonio Palacios
Président de l'association " Chevaux & Chemins "
Siège social : Mairie de Montalba-le-Château
Correspondance : 2, rue du Rempart
66130 Montalba-le-Château
Courriel : chevauxetchemins@wanadoo.fr
- Copie à Monsieur Le Préfet des Pyrénées-Orientales.
-Ainsi qu'à nos non-interlocuteurs, dans cette curieuse affaire
:
- Monsieur Robert Olive, Président de la Communauté
de Communes " Roussillon-Conflent " (il y manque, apparemment,
" Fenouillèdes ").
- et l'agence " Energies et Territoires Développement
", à qui nous en voulons tout particulièrement,
pour le grand écart qu'elle a réussi à faire
entre intentions publicitaires annoncées et travail rendu
: On ne décide pas ainsi, en douce, de l'avenir des gens.
L'examen de vos cartes, et de leur évolution incertaine,
nous montre, bien entendu, que la recherche de la pertinence aérologique
ou le respect dû à un petit pays, à son patrimoine
et à ses habitants n'était pas à l'ordre du
jour de vos études commandées. Vous vous êtes
contentés de caser, avec brutalité et sans discernement,
des aires d'atterrissage pour de futurs chantiers d'aérogénérateurs,
à la demande.
(Re)lisez les textes qui heureusement nous protègent. C'est
affaire, pour vous, de déontologie.
Nous ne nous attendions pas à trouver, sur nos chemins de
maquis, tant de mauvaise foi, dans des projets d'officine. Nous
voilà, désormais, aguerris, et vigilants quand il
s'agira de nos " biens premiers ".
Annexe
Circulaire du Ministère de l'écologie, de l'énergie,
du développement durable et de l'aménagement du territoire.
Février 2009.
Objet : Planification du développement de l'énergie
éolienne terrestre.
" Pour autant, le Gouvernement souhaite favoriser un développement
à haute qualité environnementale des énergies
renouvelables. Ainsi, le développement des éoliennes
doit être réalisé de manière ordonnée,
en évitant le mitage du territoire, de sorte à prévenir
les atteintes aux paysages, au patrimoine et à la qualité
de vie des riverains.
Le Gouvernement entend donc améliorer la planification territoriale
du développement de l'énergie éolienne, et
favoriser la construction de parcs éoliens de taille plus
importante qu'actuellement, dans des zones préalablement
identifiées. Compte tenu de l'accroissement prévisible
de la taille des parcs éoliens, il est également nécessaire
d'améliorer le processus de concertation locale et l'encadrement
réglementaire ".
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Lettreà Monsieur le Préfet des
Pyrénées-Orientales
Antonio Palacios
Président de l'association " Chevaux & Chemins
"
Siège social : Mairie de Montalba-le-Château
Correspondance : 2, rue du Rempart
66130 Montalba-le-Château
06 11 86 26 38
chevauxetchemins@wanadoo.fr
Objet : ZDE Roussillon-Conflent.
Vendredi 5 juin 2009
A Monsieur le Préfet des Pyrénées-Orientales
Monsieur Le Préfet,
Je me permets d'attirer l'attention de vos services et dire toute
notre inquiétude sur le projet de Zone de Développement
Eolien (ZDE) présenté par la Communauté de
Communes Roussillon-Conflent, qui vise directement notre village
de Montalba-le-Château ainsi que l'ensemble du Plateau de
Montalba ; et sur la curieuse manière dont ce dossier a été
mené jusqu'ici, à notre sens, au mépris de
toutes les recommandations ministérielles dont nous avons
connaissance, concernant l'établissement de ces zones. Au
mépris également, au niveau communal, des règles
démocratique et déontologique les plus habituelles.
Ce dossier s'est monté en effet sans la moindre information
de la population concernée ; sans la moindre concertation
avec les acteurs de ce territoire, qui réactivent aujourd'hui
une ruralité de préservation et de mise en valeur
du terroir; sans la moindre consultation des gens qui, au niveau
associatif, ont quelque compétence du terrain et travaillent,
depuis 2002, à étudier ces sites et à les faire
connaître et reconnaître.
Partisans, bien entendu, des ZDE, accueillies avec soulagement pour
leurs possibilités " de concertation locale et d'encadrement
réglementaire ", nous sommes aujourd'hui directement
menacés par un projet à contresens, qui nous semble
totalement anachronique et dont, faute d'informations responsables
données par ses promoteurs, nous cherchons en vain la pertinence,
dans tous les domaines.
La seule et unique présentation publique du projet, en octobre
2008, à Ille-sur-Têt, nous mettait devant un dossier
bouclé et nous confinait, non sans arrogance de la part des
experts et des politiques, dans le rôle de victimes passives
de choix administratifs sans appel. Ce n'est pas notre conception
de la vie publique, en France, aujourd'hui ; ni de l'expertise technique,
trop soumise, à nos yeux, quand il s'agit de la destruction
d'un site patrimonial exceptionnel ; et quand la qualité
de vie dans tous les villages du Plateau de Montalba est en jeu.
Le projet de ZDE nous a été présenté
comme une démarche administrative mécanique, de fait
accompli, dans laquelle aucune place n'est prévue ni souhaitée
pour les gens concernés, dans l'élaboration du dossier.
L'information éventuelle des populations étant laissée
" à la discrétion des politiques ". Ce mot
a pris ici tout son sens.
Nous souhaiterions solliciter, si c'était possible, un rendez-vous
auprès des services en charge de ce dossier, pour aborder
trois questions :
- pour demander si un projet qui prend, délibérément,
aussi absolument le contrepied des recommandations ministérielles,
au point d'en être le contre-exemple, peut être éligible.
C'est notre principale et très grande inquiétude aujourd'hui.
- pour argumenter, si besoin était, mais c'est sans doute
inutile, sur l'exceptionnelle qualité paysagère et
environnementale des sites concernés et la nécessité
évidente de préserver un patrimoine fondamental et
rare, à ce jour intact et cohérent, dont la destruction
est programmée.
Un précieux désert à protéger et à
mettre en valeur, qui a été évalué au
mieux comme une friche à industrialiser, par méconnaissance
ou par volonté délibérée de passer outre.
- pour défendre et illustrer, exemples bien concrets à
l'appui, la mise en place d'une ruralité active dans ces
terroirs, depuis quelques années, qui rend évidemment
compatibles et complémentaires l'indispensable préservation
des sites, l'arrivée d'activités agricoles de grande
qualité et le début d'un tourisme d'arrière-pays
venu pour la beauté et la découverte de ce désert
préservé.
De tout cela, il n'a pas été tenu compte. Cette fragile
dynamique rurale est directement, elle aussi, en danger.
Une visite sur le terrain avec les décideurs ou des experts
attentionnés serait-elle envisageable ? Les lieux parlent
d'eux-mêmes. Pour qui les parcourt, ils sont encore plus éloquents
depuis le grand incendie de 2005. Notre association a aussi pour
vocation de faire partager une approche et une pratique quotidienne
de ces territoires.
Nous avons déposé auprès de la Mairie de Montalba-le-Château
un recours gracieux (copie ci-jointe), demandant que soit reconsidéré
le vote municipal validant, au plan communal, le projet de ZDE.
Nous contestons en effet la qualité des informations disponibles
au moment du vote ainsi que sa conformité. Il s'agit bien
entendu de prendre date et d'attirer l'attention des administrations
en charge de ce dossier.
Une mobilisation des populations et des acteurs du territoire se
développe très rapidement compte tenu, pour tous,
de l'importance des enjeux et compte tenu, tout autant, de l'arrogance
et de l'opacité des protocoles dans la constitution du dossier.
Nous prenons la liberté également de joindre une
copie de la " lettre ouverte ", adressée à
Monsieur le Maire de Montalba-le-Château : elle a été,
dans cette affaire, notre seul moyen possible d'expression.
Elle permet, nous semble-t-il, malgré la relative véhémence
de ton propre au genre, de préciser clairement notre position
et de dire nos étonnements devant une telle menaçante
procédure.
En espérant trouver, auprès de l'administration préfectorale,
une écoute à nos alarmes que nous tenons, dans l'intérêt
général, pour bien légitimes, et un accueil
favorable à nos requêtes,
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'expression
de mon plus grand respect.
Antonio Palacios.
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